Un médecin syrien arrêté en Allemagne pour «crimes contre l’humanité»

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Un médecin syrien vivant en Allemagne a été arrêté parce qu’il était soupçonné d’avoir commis des crimes contre l’humanité dans une prison de son pays d’origine déchiré par la guerre, ont annoncé lundi les procureurs.

Le suspect, identifié comme Alaa M, est accusé d’avoir “torturé un détenu … dans au moins deux cas” dans une prison gérée par les services de renseignement syriens dans la ville de Homs en 2011, ont déclaré les procureurs fédéraux allemands dans un communiqué.

Alaa M a été appelé pour venir en aide à un homme qui avait souffert d’une crise d’épilepsie après avoir été emprisonné pour avoir participé à une manifestation, selon le communiqué.

Il a ensuite battu l’homme avec un tuyau en plastique. “Même après qu’il soit tombé, Alaa M a continué de battre et a également donné des coups de pied à la victime”, indique le communiqué.

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Le lendemain, Alaa M et un autre médecin auraient soumis la victime à de nouveaux coups. Il est décédé plus tard, bien que la cause du décès ne soit pas claire.

Alaa M a quitté la Syrie à la mi-2015 et a déménagé en Allemagne, où il a également exercé en tant que médecin.

La guerre civile en Syrie, qui a commencé avec la répression brutale des manifestations antigouvernementales, a tué plus de 380 000 personnes et déplacé près de la moitié de la population du pays avant le conflit.

Le groupe de surveillance de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, basé au Royaume-Uni, estime qu’au moins 100 000 personnes sont mortes des suites de tortures ou de conditions horribles dans les prisons gouvernementales.

En avril, la première affaire judiciaire au monde concernant une torture parrainée par l’État par le gouvernement de Bachar al-Assad s’est ouverte en Allemagne.

Les deux accusés – membres présumés des services de sécurité d’al-Assad – sont jugés sur le principe de la compétence universelle pour les accusations de torture et d’agression sexuelle. La compétence universelle permet à un pays étranger de poursuivre les crimes contre l’humanité.